Compte rendu colloque : La qualité de l’enseignement à l’horizon 2030.
Le colloque international sur « La qualité de l’enseignement à l’horizon 2030 » s’est tenu les 11, 12 et 13 septembre 2025 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Organisé par Chaire UNESCO Pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement et son partenaire l’Université internationale des sciences techniques appliquées et du management (UISTAM), cet évènement scientifique à réuni plus de cent cinquante (150) participants venus de différents pays d’Afrique et de France. Enseignants-chercheurs, enseignants du secondaire, associations, syndicats des acteurs de l’éducation dont la faîtière des parents d’élèves de Côte d’Ivoire, des institutions de formation professionnelle dont celles gérées par des ministères, étudiants, se sont réunis autour d’une même ambition : réfléchir collectivement aux forces et faiblesses de l’enseignement au travers d’un diagnostic global.

Jour 1 : ouverture officielle, conférence inaugurale et lancement des activités.
La cérémonie d’ouverture a donné lieu à des allocutions successives des représentants du Sénat, du CESEC, du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Côte d’Ivoire, du ministère de l’Agriculture et du président de l’Université Polytechnique de San Pédro. Dans leurs allocutions respectives, ces représentants ont salué l’engagement des coorganisateurs de l’évènement et de toutes les institutions, syndicats et associations présents, quant à leur contribution aux réflexions sur la question. Ils ont également insisté sur la nécessité d’une étroite collaboration entre universitaires et secteurs privé afin de transformer les résultats scientifiques sur la qualité de l’enseignement supérieur, en des solutions concrètes et durables.

Après ces interventions officielles, le président du comité scientifique, le Professeur Etienne Damome, Professeur des Universités à l’Université Bordeaux Montaigne et responsable de la Chaire UNESCO Pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement, a prononcé le discours d’introduction scientifique du colloque. Pour sa troisième co-organisation, la Chaire UNESCO par son représentant, a prononcé un discours visant à poser les bases conceptuelles des réflexions à venir en précisant les grands axes du colloque :
Axe 1 : La qualité des enseignants ;
Axe 2 : La qualité des contenus pédagogiques ;
Axe3 : La qualité de la recherche scientifique et innovations pédagogiques ;
Axe 4 : La qualité des diplômes ;
Axe 5 : La qualité des établissements ;
Axe 6 : La qualité des Outils /matériels pédagogiques et didactiques ;
Axe 7 : L’employabilité des apprenants ;
Axe 8 : La qualité de la politique de l’ingénierie de formation en milieu socioprofessionnel.
Cette introduction scientifique a été suivie de la conférence inaugurale, animée par Vincent Liquette, Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication et co-directeur du MICA, le laboratoire de cette discipline à l’université Bordeaux Montaigne. Son exposé intitulé « Quelles perspectives considérer pour un enseignement de qualité et équitable en 2030 ? » a marqué le point de départ des activités du colloque. Il a insisté sur l’essor des technologies informatiques et les mutations qu’ils engendrent dans le domaine éducatif sans omettre les différentes problématiques économiques, politiques, informatiques, auxquelles le domaine de l’enseignement fait face dans nos sociétés actuelles. S’en est suivi une courte pause d’une heure afin de lancer les activités proprement dites au travers des conférences plénières et des différents panels.
ACTIVITÉS
Jour 1 : La qualité des établissements et des ressources humaines.
La première journée a donné lieu à une conférence plénière prononcé par Noble Akam, Maître de conférences HDR Émérite de l’Université Bordeaux Montaigne et membre de la Chaire UNESCO Pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement, autour de la thématique principale de « La qualité des établissements et des ressources humaines ». Dans son exposé autour de la question « Quelle université pour l’Afrique ? » le Professeur AKAM a fait un bref historique des universités africaines, a évoqué les différentes difficultés qui ont miné le secteur de l’enseignement africain par le passé, avant de mentionner leur évolution dans le contexte de la mondialisation. Entièrement imprégné du système LMD, l’enseignement africain est aujourd’hui, selon lui, face à des mutations considérables qui ont profondément changé le paysage universitaire Africain. Il termine son allocution en posant des questionnements pour nourrir les réflexions : « Quel enseignement supérieur » pour l’Afrique ? Et comment le défi de la refondation pourrait-il un jour être relevé et le sera-t-il ? ». Ses questionnements ont lancé, pour ainsi dire, les différentes bases réflexives de la première journée, qui seront discutés par les panelistes.
L’après-midi de cette première journée a été consacré aux différents panels, trois précisément, portant respectivement sur la qualité des institutions de formations et de recherche (panels 1) et la qualité des enseignants (panels 2 et 3). Dans le panel 1 consacré à la « La qualité des institutions de formations et de recherche », les intervenants ont discuté de la gestion des ressources humaines dans le système éducatif (Moriba Ouattara), de la gestion pédagogique des établissements scolaires (Rosa Mahdjoub) et des répercussions que peuvent avoir l’insuffisance des infrastructures scolaires sur la qualité éducative (Crescence Modeste Dohou). Le panel s’est clôturé par une réflexion les institutions éducatives publiques privées et leur ambition de plus en plus tournée vers le profit au détriment de la qualité de la formation et de la recherche (Ben Ismaila Diaby).
Dans le panel 2, les panelistes ont échangé autour de « La qualité des enseignants » en mettant l’accent sur les causes profondes de la baisse du niveau des élèves, en questionnant le niveau réel des enseignants, leur rapport aux objets connectés et le programme de formation qui leur est dispensé dans la construction de leur carrière d’enseignant (Dimitri Ovenanga-Koumou). D’autre ont consacré leur réflexion en posant des recommandations qui pourraient permettre de juger l’efficacité des enseignants, notamment par le biais d’enquêtes (Marguerite Beyala Owono). Pour certains en revanche, même si l’écart infrastructurel est grand entre le public et le privé, un traitement équitable du corps enseignant y ai de rigueur, face au phénomène d’abandon de poste, de corruption et de tricherie, afin de trouver des solutions pédagogiques plus équitable en faveur de la qualité de l’enseignement de manière générale (Édouard Koffi Kouamé).
Quant au panel 3, l’essentiel des réflexions se sont intéressées au rapport entre qualité du corps enseignant et santé mentale des apprenants (Bienvenue Germaine Nyane). On y a également discuté des défis et perspectives du corps enseignant face au principe d’inclusion en milieu éducatif physique (Omar Ben Rakaa, Mustapha bassiri, Said Lotfi). Les deux dernières interventions de cette première journée ont posé la question de la précarité à laquelle les enseignants font face, dans l’exercice de leur fonction (Jean Paul Djieukou Mouaffi), pour terminer sur une réflexion plus philosophique comme discipline pouvant contribuer à la construction d’un « cadre de réflexion propice à une recherche scientifique » (Kouassi Yves Romaric Goli).
C’est ainsi que s’est terminée cette première journée dans une atmosphère à la fois de réflexion et d’enthousiasme. Elle a permis de poser le cadre et de situer les enjeux liés à la nécessité d’offrir au secteur éducatif des infrastructures, la formation et le cadre adéquat à la fois aux enseignants qu’aux apprenants.
